L’enceinte des Fossés jaunes

Y. Brault (Histoire moderne, centre de topographie historique des Archives nationales)

Aménagée de 1566 à 1647 entre l’extrémité occidentale du jardin des Tuileries et le nord de la rue Poissonnière, l’enceinte bastionnée dite des Fossés jaunes a donné lieu à plusieurs études historiques ; cependant aucune d’elles ne s’accompagne d’un tracé complet ou suffisamment précis. Nous proposons ici de combler cette lacune.

En marge de relevés des vestiges de cette enceinte (musée de l’Orangerie et 39-41, rue Cambon), les sources exploitées pour cette étude sont, hormis le cadastre napoléonien et celui de l’APUR, de plusieurs types : d’une part, les archives du Bureau de la Ville (registres et minutes des délibérations), qui ont permis de mieux cerner l’évolution de la seconde portion de l’enceinte – la moins connue – , aménagée de 1632 à 1647 entre la porte Saint-Honoré et la rue Poissonnière ; d’autre part une série de plans conservés aux Archives nationales qui, une fois géoréférencés, ont permis de restituer le tracé des portes, des courtines, des bastions.

Il apparaît que le tracé du second tronçon de l’enceinte des Fossés jaunes n’a laissé que peu de traces dans le parcellaire. Cela tient au fait que cette portion du mur, construite à l’économie et inachevée, n’a opposé aucune résistance à la poussée de la ville vers le nord-ouest et s’est trouvée rapidement phagocytée. Par ailleurs, l’aménagement de la ceinture des Grands Boulevards, un demi-siècle seulement après la fin des travaux, a occasionné une redistribution complète du maillage parcellaire originel.